Une délégation banyamulenge a été reçue à Bujumbura par le président burundais Évariste Ndayishimiye. Cette rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions dans l’est de la RDC et d’accusations récurrentes entre pays de la région.
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a reçu, mardi, une délégation de la communauté banyamulenge à Ntare Rushatsi House, selon un communiqué de la présidence.
D’après les autorités burundaises, les membres de cette délégation ont salué le rôle joué par le Burundi dans les efforts de stabilisation de l’est de la République démocratique du Congo. Ils ont notamment évoqué les initiatives diplomatiques et sécuritaires engagées par Bujumbura dans une région en proie à des violences persistantes.
Selon le quotidien public Le Renouveau, la délégation, issue notamment de la plateforme Banyamulenge Global Advocacy (BGA), a également mis en avant le leadership du chef de l’État burundais dans la promotion de la paix régionale.
Une visite dans un contexte sécuritaire tendu
Cette rencontre intervient alors que la situation reste instable dans l’est de la RDC, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les Banyamulenge, communauté tutsie vivant principalement dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, se retrouvent régulièrement au centre de tensions sécuritaires et politiques complexes.
Les affrontements impliquant les forces armées congolaises, des groupes armés locaux et la rébellion du M23 ont contribué à aggraver l’instabilité dans la région, avec des répercussions sur les pays voisins, dont le Burundi.
Accusations croisées dans la région des Grands Lacs
La visite de cette délégation intervient également dans un climat de tensions diplomatiques. Le Rwanda accuse régulièrement le Burundi d’implication dans certaines opérations militaires dans l’est congolais, allant jusqu’à évoquer des menaces contre les populations banyamulenge.
Des accusations rejetées par Bujumbura, qui affirme agir dans le cadre d’efforts régionaux visant à restaurer la sécurité et à protéger les civils.
Dans ce contexte, la prise de position de la délégation banyamulenge, saluant l’action du Burundi, apparaît comme un signal politique dans une région marquée par une forte rivalité d’influence et une guerre de communication entre États.