Entrée en vigueur le 15 mars 2026, la nouvelle grille tarifaire de Lumicash augmente les coûts de certaines transactions entre agents n’appartenant pas a la même categorie. Présentée comme une mesure de réorganisation, elle suscite des inquiétudes chez une partie des acteurs de terrain.
Le service de mobile money Lumicash S.U a procédé à une révision de sa tarification, marquée par une hausse des frais appliqués à certaines transactions entre agents et super agents. Cette mesure s’inscrit dans la deuxième phase d’une politique commerciale lancée en novembre 2024.
Selon un communiqué de l’entreprise, les frais de transfert d’argent entre agents n’appartenant pas au même réseau de super agent passent de 0,3 % à 1 %. Cette évolution concerne les transactions dites « inter-canaux », c’est-à-dire celles effectuées entre partenaires ne dépendant pas du même encadrement.
Dans les faits, un agent qui transfère 100 000 francs burundais à un autre agent hors de son réseau devra désormais s’acquitter de 1 000 FBu, contre environ 300 FBu auparavant. Certaines opérations restent toutefois exonérées de frais, notamment les transactions entre un agent et son propre super agent, dans le cadre de promotions maintenues par l’opérateur.
Une volonté de mieux structurer le réseau
L’entreprise explique que cette réforme vise à améliorer l’organisation de son réseau et à renforcer la collaboration entre ses partenaires. Elle met en avant la nécessité de mieux encadrer les flux financiers, mais aussi de limiter certaines opérations jugées peu productives au sein du système.
Depuis son lancement, Lumicash s’est imposé comme l’un des principaux services financiers numériques au Burundi, proposant notamment des transferts d’argent, le paiement de factures, la recharge mobile ou encore le règlement d’abonnements. L’opérateur s’appuie sur un réseau étendu d’agents et de super agents présents sur l’ensemble du territoire.
Par ailleurs, la plateforme a développé des partenariats avec plusieurs établissements financiers, parmi lesquels BGF, FINBANK, ECOBANK ou encore KCB, afin de faciliter l’accès aux services financiers, aussi bien en espèces qu’en format électronique.

Des réserves exprimées sur le terrain
Cette augmentation des frais ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs agents interrogés évoquent une réduction de leurs marges, dans un contexte où certaines commissions auraient déjà été revues à la baisse.
Certains redoutent que ces nouveaux coûts soient répercutés sur les clients, ce qui pourrait freiner l’utilisation du service. D’autres pointent des difficultés accrues pour maintenir la rentabilité de leur activité, notamment pour les transactions impliquant des partenaires extérieurs à leur réseau habituel.
Un secteur en pleine évolution
Le mobile money connaît une croissance soutenue au Burundi. Selon des données de la Banque de la République du Burundi (BRB) et de l’Agence de régulation des télécommunications (ARCT), le pays comptait environ 6,9 millions d’abonnements aux services de mobile money en 2023, contre 4,1 millions en 2019, soit une progression de 140 % en quatre ans.
Cette dynamique s’accompagne d’une intensification des usages : au troisième trimestre 2025, plus de 100 millions de transactions ont été enregistrées, pour une valeur dépassant 4 700 milliards de francs burundais, selon la banque centrale.