Burundi : l’ex-Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni libéré provisoirement pour raisons médicales

Bujumbura —L’ancien Premier ministre burundais Alain-Guillaume Bunyoni a été remis en liberté provisoire le 11 mars 2026, pour des raisons médicales, selon plusieurs sources judiciaires et proches du dossier. Condamné à la prison à perpétuité en 2023, il reste toutefois sous le coup de cette condamnation prononcée par la justice burundaise.

La décision concernerait également d’autres détenus et vise à leur permettre d’accéder à des soins médicaux appropriés.

Une mesure liée à son état de santé

D’après son équipe de défense, la libération provisoire a été accordée afin de permettre à l’ancien Premier ministre de recevoir des soins après une détérioration de son état de santé.

Cette mesure ne signifie pas l’annulation de la condamnation prononcée contre Alain-Guillaume Bunyoni. Elle permet seulement une sortie temporaire pour des raisons médicales, selon les informations communiquées par ses avocats.

Depuis plusieurs mois, des inquiétudes avaient été exprimées par ses proches concernant son état de santé pendant sa détention.

La chute d’un ancien homme fort du pouvoir

Ancien général de police et figure influente du parti au pouvoir, Alain-Guillaume Bunyoni a occupé le poste de Premier ministre du Burundi entre 2020 et 2022 sous la présidence de Évariste Ndayishimiye.

Pendant de nombreuses années, il était considéré comme l’un des responsables sécuritaires les plus puissants du pays.

Mais en septembre 2022, il est brusquement démis de ses fonctions par le chef de l’État dans un contexte de tensions politiques au sommet du pouvoir.

Arrestation et condamnation

Quelques mois plus tard, en 2023, Alain-Guillaume Bunyoni est arrêté puis poursuivi par la justice burundaise. Il est accusé notamment de complot contre le chef de l’État, d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et d’enrichissement illicite.

À l’issue de son procès, il est condamné à la réclusion à perpétuité. La justice ordonne également des sanctions financières et la confiscation de certains biens.

Proche de l’ancien président Pierre Nkurunziza, l’ex-Premier ministre faisait partie du cercle restreint des responsables sécuritaires qui ont occupé des fonctions importantes dans l’appareil d’État pendant plus d’une décennie. Sa chute avait marqué un tournant notable dans les équilibres politiques internes du pays.

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