Accord de paix RDC–M23 : interprétations divergentes après la signature à Doha

La République démocratique du Congo (RDC) et le mouvement rebelle M23 ont signé ce vendredi 18 juillet 2025 à Doha un accord de principes visant à ouvrir la voie à un règlement durable du conflit qui ravage l’est du pays depuis plus d’une décennie. Mais à peine l’encre de l’accord séchée, chaque partie s’est lancée dans une guerre narrative, interprétant à sa manière les engagements pris, notamment sur un point sensible : le retrait du M23 des zones qu’il occupe.

Selon Associated Press, le texte signé évoque un ensemble de mesures visant à préparer un accord global : libération des prisonniers, rétablissement des services publics, retour des réfugiés et, surtout, restauration de l’autorité de l’État. Le document stipule en son point 4.1 que « les parties reconnaissent que la restauration de l’autorité de l’État est la conséquence logique au règlement efficace des causes du conflit à travers un accord de paix durable. »

Un langage diplomatique, certes, mais qui soulève une série de questions : comment restaurer l’autorité de l’État sans retrait du M23 ? Et comment garantir le retour des déplacés dans les zones toujours sous contrôle rebelle ?

Deux lectures radicalement opposées

Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation de l’AFC/M23 à Doha, n’a pas tardé à clarifier la position de son mouvement : « Nulle part dans la déclaration de principes, on n’a dit que l’AFC/M23 devait se retirer. L’AFC/M23 ne va pas reculer, même pas d’un seul mètre. Nous restons là où nous sommes. »

Une déclaration sans équivoque, qui tranche avec l’interprétation du porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, interviewé sur la RTNC quelques heures après la signature : « Il fallait qu’on s’assure que, quand l’accord de paix sera signé, nous serons en mesure de reprendre le plein contrôle de l’administration, la souveraineté des parties occupées et de s’assurer du retour des policiers et des services de l’État de manière progressive. »

Une paix encore incertaine

Malgré la signature, certains observateurs s’interrogent sur la viabilité du processus en l’absence de dispositions claires sur le désengagement des forces rebelles. Le lien entre restauration de l’État et retrait militaire, bien que suggéré, reste implicite, ce qui laisse une marge d’interprétation stratégique pour chaque partie.

Selon Reuters, les pourparlers ont été encouragés par Washington, qui cherche à stabiliser la région pour favoriser les investissements internationaux, notamment dans les secteurs miniers.

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