Le gouvernement burundais a exprimé, le 8 janvier 2026, sa vive préoccupation face à la dégradation continue de la situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Bujumbura appelle la communauté internationale à une action plus ferme pour éviter une déstabilisation régionale.
Le Burundi a haussé le ton sur la situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo, marquée par l’intensification des violences et les avancées du groupe armé M23. Le message a été réaffirmé par le ministre des Relations extérieures, Edouard Bizimana, lors d’une rencontre avec l’ambassadrice du Canada accréditée au Burundi, Julie Crowley, le 8 janvier 2026.
Selon les autorités burundaises, la poursuite des combats dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constitue une menace directe pour la stabilité de la région des Grands Lacs, en particulier pour les pays voisins de la RDC.
Des déplacements massifs vers les pays voisins
L’escalade du conflit s’accompagne d’une dégradation rapide de la situation humanitaire. D’après les Nations unies, plus de 500 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur de la RDC ces derniers mois. Le Burundi figure parmi les principaux pays d’accueil des réfugiés congolais.
Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 63 000 Congolais ont franchi la frontière burundaise en moins d’un mois, exerçant une pression croissante sur les capacités d’accueil et les services sociaux du pays.
La position du Burundi rejoint celle de plusieurs acteurs internationaux. Le Canada a, à plusieurs reprises, exprimé sa préoccupation face à l’aggravation de la situation sécuritaire à l’est de la RDC et condamné les violences contre les civils. Ottawa a également appelé au respect de la souveraineté congolaise et à une désescalade du conflit.
Des pays occidentaux, dont la France et les États-Unis, ont récemment recommandé à leurs ressortissants de quitter certaines zones de l’est congolais, en raison de la détérioration rapide des conditions de sécurité.
Un appel à une réponse coordonnée
Pour Bujumbura, la crise à l’est de la RDC ne peut être traitée de manière isolée. Les autorités burundaises plaident pour une réponse concertée, impliquant les Nations unies, l’Union africaine, les mécanismes régionaux et les partenaires bilatéraux.
Le gouvernement burundais estime qu’une action internationale plus ferme est indispensable pour contenir l’insécurité, protéger les populations civiles et éviter une extension du conflit à l’ensemble de la région des Grands Lacs.